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Collecte données tachygraphe numérique 2026 | Sinari

Rédigé par Nathan Basyn | Apr 30, 2026 8:59:59 AM

Dans le transport routier de marchandises (TRM), la maîtrise des données d'activité est devenue un enjeu opérationnel et réglementaire central. Le tachygraphe numérique (ou chronotachygraphe numérique) est à la fois un outil de sécurité et obligatoire dans tous les véhicules de plus de 3,5 T circulant dans l'UE (sauf dérogations) : il enregistre en continu les temps de conduite, de repos et d'activité quotidienne de chaque conducteur. Mais enregistrer ces données ne suffit pas : encore faut-il télécharger les données , les traiter et les exploiter. C'est précisément l'enjeu de la collecte automatique des données du chronotachygraphe, un levier clé pour la conformité et la performance de votre exploitation (notamment via Sinari Telematics).

Importance du tachygraphe numérique

Fonctionnement du tachygraphe numérique

Le chronotachygraphe numérique est composé de deux éléments indissociables : l'unité embarquée (UE), fixée dans le véhicule, et la carte d'un conducteur, une carte à puce personnelle que chaque chauffeur insère en début de service (voir comment fonctionne la carte conducteur). L'UE enregistre la vitesse, la distance parcourue, les temps d'activité et les données de conduite avec leur localisation GNSS. La carte d'un conducteur stocke quant à elle les activités individuelles du chauffeur sur les 28 derniers jours.

Les données sont générées sous deux formats de fichiers normalisés : le format DDD (pour les données de l'unité embarquée) et le format V1B (pour les données de la carte conducteur). Ces fichiers sont les seuls formats acceptés par les logiciels de gestion des temps de conduite et par les autorités de contrôle. Toute solution de téléchargement doit être capable de les produire et de les transmettre dans leur intégrité.

Technologies de collecte de données

Avant même de parler d'automatisation, il faut rappeler que le téléchargement des données du chronotachygraphe est une obligation réglementaire, encadrée par le règlement (UE) 165/2014. Cet article du règlement précise les règles applicables à l'ensemble des transporteurs :

  • Les données de la carte conducteur doivent être téléchargées au moins tous les 28 jours, grâce à une clé de téléchargement ou à un système DLD automatisé.
  • Les données de l'unité embarquée doivent être téléchargées au moins tous les 96 jours.

Les conducteurs ont également la possibilité de réclamer leurs données jusqu’à 36 mois après la date, il faut donc conserver ces données au moins 3 ans. Cet archivage des données de conduite et des données de la carte conducteur doit être réalisé dans des conditions garantissant leur intégrité et leur disponibilité, notamment en cas de contrôle par les autorités sociales ou routières.

Le non-respect de ces fréquences expose l'entreprise et le conducteur à des sanctions. L'automatisation de la collecte est donc non seulement un gain d'efficacité, mais aussi une garantie de conformité permanente , en éliminant le risque d'oubli ou de retard dans les téléchargements.

Comment collecter les données des tachygraphes ?

Le tachygraphe intelligent de 2ᵉ génération (G2V2) : le standard en vigueur

Depuis août 2023, tous les véhicules neufs de plus de 3,5 T doivent être équipés d'un tachygraphe intelligent de 2ᵉ génération (G2V2, aussi appelé Smart Tachy 2). Depuis août 2025, cette obligation s'applique à l'ensemble des poids lourds engagés dans le transport international, quelle que soit leur année de mise en service. Une échéance désormais passée, ce qui signifie que les flottes non encore mises en conformité sont exposées à des sanctions. À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, l'obligation concernera également les véhicules utilitaires légers de 2,5 à 3,5 T opérant à l'international : les gestionnaires de flottes mixtes doivent anticiper cette transition sans délai.

 

Le G2V2 apporte plusieurs évolutions majeures pour la collecte automatisée : détection et enregistrement automatiques des passages aux frontières, enregistrement des périodes de chargement et de déchargement avec leur localisation, période de contrôle des données tachygraphe portée à 56 jours d'activité (contre 28 pour la génération précédente), et communication à distance avec les autorités via le DSRC (module de contrôle à distance du chronotachygraphe).

 

Point d'attention : le passage au G2V2 implique de vérifier la compatibilité de l'ensemble de vos outils de téléchargement : clés de download, boîtiers de transfert à distance, logiciels de traitement (exemple logiciels de gestion des temps). Les fichiers générés par le G2V2 ont évolué par rapport aux anciens formats et certains outils antérieurs ne les prennent pas en charge nativement. Une mise à jour des équipements et licences logicielles est souvent nécessaire.

La connexion et l'extraction des données

Tout commence avec la connexion du tachygraphe à un dispositif de collecte. Elle peut être réalisée via une interface USB (pour la collecte manuelle) ou d’une unité de contrôle embarquée (pour envoyer à distance les données). En général, le tachygraphe sera connecté à l’informatique embarquée, ce qui permet d’extraire directement les données du chronotachygraphe et de la carte conducteur.

Connexion filaire ou sans fil ?

Comme expliqué précédemment, la transmission des données du tachygraphe numérique se fait par une connexion filaire (ex : une clé USB ou une clé USB), ce qui implique d’aller dans chaque camion un à un pour extraire les données. Il existe cependant une solution bien plus efficace : la connexion sans fil, via le Bluetooth, le Wi-Fi ou les réseaux cellulaires (4G, 5G), au cœur des dispositifs modernes de télématique embarquée.

L’automatisation de la collecte permet d’éviter de perdre énormément de temps à récupérer les données de la carte conducteur et du tachygraphe, mais a surtout l’avantage de fournir à l’exploitation les données disponibles en temps réel (ce qui est bien utile pour la planification des tournées ou la gestion des prépaies).

Analyse et traitement des données

L’étape finale consiste à traiter les données récupérées pour qu’elles soient directement utilisables par l’exploitation. C’est ici qu’intervient le logiciel TMS qui permet de « digérer » toutes les données reçues . Ces dernières peuvent alors être : traduites en KPI dans des rapports, utilisées pour la planification des tournées ou exploitées directement pour la création de fiches de paie ou le décompte des heures travaillées. Ces données peuvent aussi servir à programmer des alertes envoyées au conducteur et à l’exploitation en cas de dépassement des limites des temps de conduite.

Conclusion

C'est donc bien une nécessité opérationnelle et réglementaire pour tout transporteur souhaitant gérer sa conformité sereinement et exploiter ses données conducteurs efficacement . Entre les obligations de téléchargement à 28 et 90 jours, la montée en puissance du G2V2 et l'imminence de l'obligation pour les véhicules de 2,5 à 3,5 T, 2026 est une année charnière pour mettre à niveau ses équipements et ses processus.

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