En 2026, plusieurs obligations environnementales vont s’appliquer au transport routier de marchandises. Elles auront un impact direct sur l’utilisation de certains véhicules, notamment les poids lourds les plus anciens, et sur la manière d’organiser les trajets dans les zones où les restrictions de circulation deviendront plus strictes. Chaque entreprise devra savoir quels véhicules de sa flotte pourront encore circuler sans limite, et lesquels risquent d’être soumis à des règles particulières selon la région ou l’usage.
Ces évolutions répondent à des objectifs précis : réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la qualité de l’air et harmoniser les pratiques sur le territoire. Pour éviter les détours imposés ou l’immobilisation d’un véhicule lors d’un contrôle, il devient essentiel de comprendre ce qui changera en 2026 et à quelles dates, et de disposer d'un TMS adapté.
Les obligations appliquées au transport routier évoluent parce que plusieurs seuils fixés par l’État et l’Union européenne arrivent à échéance en 2026. Les autorités veulent réduire les émissions liées aux déplacements de véhicules lourds, qui représentent une part importante du carbone émis sur le territoire, et améliorer la qualité de l’air dans les zones dans lesquelles les niveaux de pollution restent élevés.
Ces changements concernent surtout l’usage des véhicules les plus anciens, les normes Euro et certaines zones où la circulation sera conditionnée au niveau d’émissions du camion. Le ministère de la Transition écologique et les régions ont déjà annoncé que les restrictions deviendront plus strictes, avec un calendrier progressif selon les territoires (et la réglementation transport 2026).
L’objectif n’est pas de transformer immédiatement les modes de transport, mais d’encourager les entreprises à identifier les véhicules qui deviendront limités d’accès, à ajuster leurs trajets et à anticiper les futures règles plutôt que d’y être confrontées au dernier moment.
Les évolutions prévues en 2026 s’inscrivent dans un ensemble de textes déjà adoptés : loi Climat & Résilience (2021), règlement européen (UE) 2019/1242 sur les limites de CO₂, directive européenne sur la qualité de l’air (2008/50/CE), réglementation ZFE-m, et normes Euro sur les émissions des véhicules lourds.
Ces références structurent les restrictions de circulation, les limites de pollution et les obligations de suivi appliquées au transport routier de marchandises.
À partir de 2026, plusieurs agglomérations appliquent l’article 27 de la loi Climat & Résilience , qui impose aux Zones à Faibles Émissions mobilité ( ZFE-m ) d’exclure progressivement :
Les mairies et métropoles s'appuient sur :
Cela signifie que le droit de circuler dépendra :
Les transporteurs devront vérifier, ville par ville, les restrictions prévues au 1er janvier 2026.
Le règlement européen (UE) 2019/1242 fixe des objectifs contraignants de réduction des émissions de CO₂ pour les véhicules lourds neufs :
En France, ces objectifs sont déclinés dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) , qui prévoit une réduction progressive des émissions de gaz à effet de serre pour tout le secteur du transport routier.
Concrètement pour les entreprises :
Même si les PME transport ne seront pas toutes soumises au reporting CSRD, elles seront impactées par des obligations de transmission d’informations liées :
Ces données permettront de répondre :
Elles s’appuient sur plusieurs textes : directive 2008/50/CE sur la qualité de l’air , règlement AFIR sur l’infrastructure pour carburants alternatifs , et loi LOM 2019 qui encourage la transition énergétique du secteur.
En plus des ZFE-m, plusieurs territoires appliqueront en 2026 des règles locales qui peuvent limiter la circulation des poids lourds. Les préfectures de région disposent du pouvoir d’adapter les conditions de circulation en fonction du niveau de pollution atmosphérique ou de la sensibilité de certaines routes.
Lors d’un dépassement des seuils fixés par le code de l’environnement ou par la directive européenne 2008/50/CE, elles peuvent instaurer des restrictions temporaires, imposer des itinéraires de délestage ou réserver certains axes aux véhicules les moins émetteurs.
Ces décisions ne suivent pas toutes un calendrier national : chaque région peut définir ses propres règles via des arrêtés, en fonction de la qualité de l’air, de l’état du réseau routier ou des besoins locaux de sécurité. Pour un transporteur, cela implique de vérifier régulièrement les informations publiées par la préfecture ou la métropole concernée avant d’engager un trajet, surtout lorsqu’il s’agit de livraison urbaine ou de transport régional.
Les obligations qui se renforcent en 2026 auront des conséquences concrètes pour les transporteurs qui ne respectent pas les règles en vigueur. Les contrôles seront réalisés par les autorités locales, les DREAL et, selon les zones, par les services de police municipale chargés d’appliquer les restrictions de circulation. Les risques ne concernent pas uniquement les sanctions : ils peuvent aussi toucher directement l’activité quotidienne.
Un véhicule qui ne respecte pas les critères environnementaux en vigueur dans une ZFE-m peut être immédiatement refusé à l’entrée d’une rue, d’un axe de transit ou d’une zone de livraison.
Dans certains territoires, cela peut empêcher l’accès à un point de déchargement ou allonger fortement le trajet, ce qui augmente la consommation de carburant, les kilomètres parcourus et les coûts associés.
Ces restrictions sont souvent inscrites dans des arrêtés préfectoraux ou métropolitains. En cas de non-respect :
Ces sanctions varient selon les territoires, car chaque région ou métropole applique ses propres critères de pollution atmosphérique et de circulation.
Les donneurs d’ordre, en particulier ceux engagés dans des démarches de limitations de la polution, exigent de plus en plus que les transporteurs respectent les directives environnementales locales.
Un véhicule trop émetteur peut :
Ce risque est d’autant plus fort dans les régions où les restrictions s’appliquent aux poids lourds de manière progressive.
Un camion qui ne peut plus circuler sur un itinéraire habituel sera contraint de prendre un trajet plus long. Cela peut entraîner :
Ces détours peuvent aussi générer du retard sur les tournées suivantes, ce qui complique la gestion opérationnelle de l’entreprise.
Si plusieurs véhicules d’une flotte deviennent soumis à des restrictions, l’entreprise risque d’avoir moins de camions disponibles pour certaines zones.
Cela peut mener à :
Les évolutions prévues pour 2026 ne nécessitent pas de remplacer toute une flotte, mais elles demandent une vision précise des véhicules utilisés et des zones dans lesquelles l’entreprise circule. Anticiper maintenant permet d’éviter les refus d’accès, les détours coûteux ou la mise à l’arrêt d’un camion lors d’un contrôle local.
Pour savoir quels poids lourds risquent d’être limités, il est utile de vérifier plusieurs critères :
Cette étape permet d’isoler rapidement les véhicules qui pourraient être concernés par des restrictions de circulation en ZFE-m ou par des arrêtés locaux.
Les directives environnementales varient fortement d’un territoire à l’autre. Certaines métropoles prévoient des critères plus stricts que d’autres, et les préfectures peuvent décider de limiter la circulation des véhicules lourds lors d’épisodes de pollution atmosphérique. Avant de planifier une tournée, il devient nécessaire de consulter les informations publiées sur les sites des ZFE-m, par les DREAL ou directement par la métropole concernée. Cela évite de découvrir en arrivant sur place qu’un véhicule ne peut plus accéder à une rue, un quai ou un axe de transit.
Même sans modifier la flotte, certaines actions ont un impact immédiat sur la consommation de carburant et les émissions :
Ces ajustements permettent souvent de maintenir l’accès à des zones sensibles sans investissement important.
Les contrôles reposent de plus en plus sur des données précises : année de mise en circulation, classification Crit’Air, norme Euro, niveau d’émissions ou encore consommation moyenne. Disposer de ces informations à jour facilite la préparation des tournées et permet de répondre rapidement aux demandes des donneurs d’ordre, qui cherchent à connaître l’impact environnemental du transport. Une flotte bien documentée permet également d’anticiper les futurs renouvellements sans attendre une restriction soudaine.
Lorsque les règles évoluent dans une région ou une agglomération, il est souvent possible d’ajuster l’exploitation sans remplacer immédiatement les véhicules :
Ces ajustements permettent de conserver de la souplesse dans l’activité, sans immobilisation ni interruption de service.
Les règles qui s’appliqueront en 2026 ne bouleversent pas toute l’activité, mais elles changent la manière de circuler dans certains territoires et d’utiliser les véhicules les plus anciens. En connaissant les critères appliqués dans les ZFE-m, en identifiant les camions susceptibles d’être restreints et en suivant les arrêtés locaux, une entreprise de transport peut éviter les refus d’accès, les détours coûteux et les interruptions de tournée.
Anticiper ces évolutions permet simplement de garder la maîtrise de son exploitation et d’adapter sa flotte au bon rythme, sans contrainte de dernière minute.