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Obligations environnementales transport : ce qui change en 2026

Mise en ligne le 05/02/2026

8 min

Mis à jour le 05/02/2026

Sommaire

En 2026, plusieurs obligations environnementales vont s’appliquer au transport routier de marchandises. Elles auront un impact direct sur l’utilisation de certains véhicules, notamment les poids lourds les plus anciens, et sur la manière d’organiser les trajets dans les zones où les restrictions de circulation deviendront plus strictes. Chaque entreprise devra savoir quels véhicules de sa flotte pourront encore circuler sans limite, et lesquels risquent d’être soumis à des règles particulières selon la région ou l’usage.

Ces évolutions répondent à des objectifs précis : réduire les émissions de gaz à effet de serre, améliorer la qualité de l’air et harmoniser les pratiques sur le territoire. Pour éviter les détours imposés ou l’immobilisation d’un véhicule lors d’un contrôle, il devient essentiel de comprendre ce qui changera en 2026 et à quelles dates, et de disposer d'un TMS adapté.

Pourquoi les obligations environnementales évoluent en 2026 ?

Les obligations appliquées au transport routier évoluent parce que plusieurs seuils fixés par l’État et l’Union européenne arrivent à échéance en 2026. Les autorités veulent réduire les émissions liées aux déplacements de véhicules lourds, qui représentent une part importante du carbone émis sur le territoire, et améliorer la qualité de l’air dans les zones dans lesquelles les niveaux de pollution restent élevés.

Ces changements concernent surtout l’usage des véhicules les plus anciens, les normes Euro et certaines zones où la circulation sera conditionnée au niveau d’émissions du camion. Le ministère de la Transition écologique et les régions ont déjà annoncé que les restrictions deviendront plus strictes, avec un calendrier progressif selon les territoires (et la réglementation transport 2026).

L’objectif n’est pas de transformer immédiatement les modes de transport, mais d’encourager les entreprises à identifier les véhicules qui deviendront limités d’accès, à ajuster leurs trajets et à anticiper les futures règles plutôt que d’y être confrontées au dernier moment.

Les principales obligations environnementales pour les transporteurs en 2026

Les évolutions prévues en 2026 s’inscrivent dans un ensemble de textes déjà adoptés : loi Climat & Résilience (2021), règlement européen (UE) 2019/1242 sur les limites de CO₂, directive européenne sur la qualité de l’air (2008/50/CE), réglementation ZFE-m, et normes Euro sur les émissions des véhicules lourds.

Ces références structurent les restrictions de circulation, les limites de pollution et les obligations de suivi appliquées au transport routier de marchandises.

Restrictions de circulation : zones concernées et véhicules touchés

À partir de 2026, plusieurs agglomérations appliquent l’article 27 de la loi Climat & Résilience , qui impose aux Zones à Faibles Émissions mobilité ( ZFE-m ) d’exclure progressivement :

  • les poids lourds Euro 3 et Euro 4 ,
  • puis certaines catégories Euro 5 selon la pollution locale.

Les mairies et métropoles s'appuient sur :

  • l’arrêté du 16 juin 2021 relatif aux ZFE-m,
  • les critères Crit’Air définis par le décret n°2016-858 .

Cela signifie que le droit de circuler dépendra :

  • du niveau d’émission du véhicule,
  • de son poids total autorisé (PTAC) ,
  • et de la classification Crit’Air utilisée pour contrôler les camions et véhicules utilitaires lourds .

Les transporteurs devront vérifier, ville par ville, les restrictions prévues au 1er janvier 2026.

Nouvelles exigences liées aux émissions et à la qualité de l’air

Le règlement européen (UE) 2019/1242 fixe des objectifs contraignants de réduction des émissions de CO₂ pour les véhicules lourds neufs :

  • –15 % d’émissions en 2025,
  • –30 % d’ici 2030.

En France, ces objectifs sont déclinés dans la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) , qui prévoit une réduction progressive des émissions de gaz à effet de serre pour tout le secteur du transport routier.

Concrètement pour les entreprises :

  • certains véhicules diesel anciens deviendront limités d’accès,
  • les émissions de gaz (CO₂, NOx, particules) seront de plus en plus surveillées,
  • la flotte devra être évaluée selon son impact environnemental réel.

Suivi des données : ce que l’entreprise doit connaître

Même si les PME transport ne seront pas toutes soumises au reporting CSRD, elles seront impactées par des obligations de transmission d’informations liées :

  • aux kilomètres parcourus ,
  • à la consommation de carburant ,
  • au niveau d’émissions estimé ,
  • au type de carburant/énergie utilisé (diesel, électrique, biocarburant, gaz).

Ces données permettront de répondre :

  • aux demandes des donneurs d’ordre ,
  • aux exigences locales imposées par les ZFE-m,
  • aux démarches de contrôle des DREAL (via des KPI transport fiables).

Elles s’appuient sur plusieurs textes : directive 2008/50/CE sur la qualité de l’air , règlement AFIR sur l’infrastructure pour carburants alternatifs , et loi LOM 2019 qui encourage la transition énergétique du secteur.

Évolution des règles de circulation pour les poids lourds

En plus des ZFE-m, plusieurs territoires appliqueront en 2026 des règles locales qui peuvent limiter la circulation des poids lourds. Les préfectures de région disposent du pouvoir d’adapter les conditions de circulation en fonction du niveau de pollution atmosphérique ou de la sensibilité de certaines routes.

Lors d’un dépassement des seuils fixés par le code de l’environnement ou par la directive européenne 2008/50/CE, elles peuvent instaurer des restrictions temporaires, imposer des itinéraires de délestage ou réserver certains axes aux véhicules les moins émetteurs.

Ces décisions ne suivent pas toutes un calendrier national : chaque région peut définir ses propres règles via des arrêtés, en fonction de la qualité de l’air, de l’état du réseau routier ou des besoins locaux de sécurité. Pour un transporteur, cela implique de vérifier régulièrement les informations publiées par la préfecture ou la métropole concernée avant d’engager un trajet, surtout lorsqu’il s’agit de livraison urbaine ou de transport régional.

Quels risques si votre entreprise n’est pas en règle ?

Les obligations qui se renforcent en 2026 auront des conséquences concrètes pour les transporteurs qui ne respectent pas les règles en vigueur. Les contrôles seront réalisés par les autorités locales, les DREAL et, selon les zones, par les services de police municipale chargés d’appliquer les restrictions de circulation. Les risques ne concernent pas uniquement les sanctions : ils peuvent aussi toucher directement l’activité quotidienne.

Immobilisation ou refus d’accès à certaines zones

Un véhicule qui ne respecte pas les critères environnementaux en vigueur dans une ZFE-m peut être immédiatement refusé à l’entrée d’une rue, d’un axe de transit ou d’une zone de livraison.

Dans certains territoires, cela peut empêcher l’accès à un point de déchargement ou allonger fortement le trajet, ce qui augmente la consommation de carburant, les kilomètres parcourus et les coûts associés.

Amendes et sanctions prévues par les arrêtés locaux

Ces restrictions sont souvent inscrites dans des arrêtés préfectoraux ou métropolitains. En cas de non-respect :

  • des amendes peuvent être appliquées,
  • les contrôles peuvent être renforcés sur les zones les plus sensibles,
  • les entreprises peuvent être mises en demeure de respecter les règles en vigueur.

Ces sanctions varient selon les territoires, car chaque région ou métropole applique ses propres critères de pollution atmosphérique et de circulation.

Perte d’accès à certains trajets ou clients

Les donneurs d’ordre, en particulier ceux engagés dans des démarches de limitations de la polution, exigent de plus en plus que les transporteurs respectent les directives environnementales locales.

Un véhicule trop émetteur peut :

  • être exclu de certains appels d’offres,
  • perdre l’accès à une zone de livraison stratégique,
  • limiter la capacité de l’entreprise à assurer un service régulier.

Ce risque est d’autant plus fort dans les régions où les restrictions s’appliquent aux poids lourds de manière progressive.

Coûts supplémentaires liés aux détours et aux changements d’itinéraires

Un camion qui ne peut plus circuler sur un itinéraire habituel sera contraint de prendre un trajet plus long. Cela peut entraîner :

  • une augmentation des kilomètres parcourus,
  • une hausse de la consommation de carburant,
  • un impact sur le temps de route et l’organisation de la journée.

Ces détours peuvent aussi générer du retard sur les tournées suivantes, ce qui complique la gestion opérationnelle de l’entreprise.

Tension accrue sur la flotte et difficulté d’exploitation

Si plusieurs véhicules d’une flotte deviennent soumis à des restrictions, l’entreprise risque d’avoir moins de camions disponibles pour certaines zones.

Cela peut mener à :

  • une surcharge sur les véhicules encore autorisés,
  • une baisse de capacité de livraison,
  • un recours plus fréquent à la sous-traitance, parfois à un coût plus élevé.

Comment préparer votre entreprise dès maintenant ?

Les évolutions prévues pour 2026 ne nécessitent pas de remplacer toute une flotte, mais elles demandent une vision précise des véhicules utilisés et des zones dans lesquelles l’entreprise circule. Anticiper maintenant permet d’éviter les refus d’accès, les détours coûteux ou la mise à l’arrêt d’un camion lors d’un contrôle local.

Identifier les véhicules de la flotte susceptibles d’être restreints

Pour savoir quels poids lourds risquent d’être limités, il est utile de vérifier plusieurs critères :

  • norme Euro du véhicule,
  • catégorie Crit’Air,
  • niveau d’émissions (NOx, particules, CO₂),
  • usage réel : distribution urbaine, régionale, longue distance,
  • poids total autorisé en charge.

Cette étape permet d’isoler rapidement les véhicules qui pourraient être concernés par des restrictions de circulation en ZFE-m ou par des arrêtés locaux.

Vérifier les règles locales sur les zones traversées

Les directives environnementales varient fortement d’un territoire à l’autre. Certaines métropoles prévoient des critères plus stricts que d’autres, et les préfectures peuvent décider de limiter la circulation des véhicules lourds lors d’épisodes de pollution atmosphérique. Avant de planifier une tournée, il devient nécessaire de consulter les informations publiées sur les sites des ZFE-m, par les DREAL ou directement par la métropole concernée. Cela évite de découvrir en arrivant sur place qu’un véhicule ne peut plus accéder à une rue, un quai ou un axe de transit.

Optimiser les trajets pour réduire les émissions et la consommation

Même sans modifier la flotte, certaines actions ont un impact immédiat sur la consommation de carburant et les émissions :

  • planifier les trajets pour limiter les kilomètres inutiles,
  • réduire les périodes de ralenti,
  • répartir correctement la charge pour éviter le surpoids qui augmente la consommation,
  • limiter les détours imposés en anticipant les restrictions locales.

Ces ajustements permettent souvent de maintenir l’accès à des zones sensibles sans investissement important.

Tenir à jour les informations techniques de chaque véhicule

Les contrôles reposent de plus en plus sur des données précises : année de mise en circulation, classification Crit’Air, norme Euro, niveau d’émissions ou encore consommation moyenne. Disposer de ces informations à jour facilite la préparation des tournées et permet de répondre rapidement aux demandes des donneurs d’ordre, qui cherchent à connaître l’impact environnemental du transport. Une flotte bien documentée permet également d’anticiper les futurs renouvellements sans attendre une restriction soudaine.

Adapter la planification lorsqu’une zone renforce ses critères

Lorsque les règles évoluent dans une région ou une agglomération, il est souvent possible d’ajuster l’exploitation sans remplacer immédiatement les véhicules :

  • affecter les camions les plus récents sur les zones urbaines les plus strictes,
  • réserver les trajets longue distance aux véhicules moins concernés par les restrictions locales,
  • réorganiser certaines tournées pour contourner les zones à accès limité.

Ces ajustements permettent de conserver de la souplesse dans l’activité, sans immobilisation ni interruption de service.

FAQ

Les restrictions viseront principalement les poids lourds les plus anciens, notamment ceux classés Crit’Air 4 ou inférieurs et les véhicules répondant à des normes Euro anciennes comme Euro 3 ou Euro 4 selon les territoires. Ce sont ces véhicules qui risquent d’être limités dans les ZFE-m ou lors d’épisodes de pollution surveillés par les préfectures.

Non. Les règles varient fortement d’un territoire à l’autre. Une métropole peut interdire l’accès aux camions Crit’Air 4 alors qu’une autre maintient encore une tolérance. Les préfets peuvent également décider de restrictions temporaires lorsque les seuils de pollution atmosphérique sont dépassés. Il est donc indispensable de vérifier les arrêtés locaux avant de planifier un trajet.

Un véhicule qui circule dans une zone où il n’est pas autorisé s’expose à une amende et peut être immédiatement refusé à l’entrée de la zone. Dans certains cas, l’accès à un quai ou à une rue peut être bloqué, ce qui retarde la livraison et rallonge l’ensemble du trajet prévu. Les autorités peuvent également renforcer le contrôle technique ou documentaire du camion s’il est jugé trop émetteur.

Les métropoles publient la carte de leur ZFE-m et les critères d’accès sur leur site officiel, et les préfectures diffusent leurs arrêtés via les DREAL. Avant un déplacement, vérifier ces informations permet d’éviter qu’un véhicule se retrouve face à une interdiction en pleine tournée, surtout en zone urbaine où les niveaux de pollution sont suivis de près.

Une conduite plus souple, un entretien régulier du moteur et une meilleure anticipation des trajets permettent déjà de réduire les émissions et la consommation. Planifier les tournées pour éviter les détours, limiter les temps d’arrêt moteur allumé et optimiser la répartition de la charge sont des actions simples qui ont un impact immédiat, sans modification de la motorisation.

Conclusion

Les règles qui s’appliqueront en 2026 ne bouleversent pas toute l’activité, mais elles changent la manière de circuler dans certains territoires et d’utiliser les véhicules les plus anciens. En connaissant les critères appliqués dans les ZFE-m, en identifiant les camions susceptibles d’être restreints et en suivant les arrêtés locaux, une entreprise de transport peut éviter les refus d’accès, les détours coûteux et les interruptions de tournée.

Anticiper ces évolutions permet simplement de garder la maîtrise de son exploitation et d’adapter sa flotte au bon rythme, sans contrainte de dernière minute.

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