Résumer cet article avec :
Sommaire
Dans le transport routier de marchandises (TRM), deux notions sont souvent confondues alors qu'elles répondent à des logiques différentes : le tracking et le tracing. Comprendre cette distinction (transport tracking vs tracing) est essentiel pour les transporteurs qui souhaitent structurer efficacement leur traçabilité, de l'enlèvement jusqu'à la livraison finale.
Le tracking pour la géolocalisation de la marchandise
Le tracking désigne le suivi en temps réel du déplacement physique d'un camion ou d'une marchandise. Il permet de localiser précisément un véhicule à un instant T, de suivre son itinéraire et de calculer l'ETA (heure estimée d'arrivée). C'est une donnée stratégique, mais complexe à fiabiliser : un transport de marchandises mobilise souvent plusieurs acteurs, du premier au dernier kilomètre, avec des ruptures de charge et des changements de véhicule qui peuvent complexifier le suivi.
Grâce aux outils numériques et à une chaîne logistique de plus en plus connectée, les transporteurs disposent aujourd'hui de solutions capables d'assurer une traçabilité précise et continue tout au long de la supply chain, sans dépendre uniquement de remontées manuelles.
Le tracing pour l'origine et la sécurité des produits
Le tracing, lui, relève davantage de la logistique et de la qualité produit. Il permet de retracer l'origine d'un produit et l'ensemble des étapes qu'il a traversées, de la production jusqu'au client final. Cette traçabilité amont/aval est obligatoire dans certains secteurs sensibles, comme l'agroalimentaire, où elle conditionne la sécurité sanitaire des produits : le règlement européen sur la législation alimentaire générale impose ainsi aux opérateurs de pouvoir identifier l'origine et le circuit de tout produit, à chaque étape de la chaîne d'approvisionnement.
Pour le transporteur routier, le tracing implique donc de pouvoir documenter chaque étape du transport (chargement, températures pour le frigorifique, ruptures de charge) et de la relier à un produit ou un lot précis.
Tracking, tracing : deux logiques complémentaires pour le transporteur
Dans la pratique, les deux se recoupent : le tracking alimente le tracing. Les données de géolocalisation, d'horodatage et de statut de livraison collectées en temps réel deviennent, une fois archivées, la matière première de la traçabilité documentaire exigée par certains donneurs d'ordres ou réglementations sectorielles.
Cette traçabilité globale est devenue incontournable pour les transporteurs routiers, car elle permet notamment de :
- Identifier les incidents et réagir rapidement, grâce à une information en temps réel entre le conducteur et l'exploitation — un enjeu d'autant plus important lors des pics d'activité, où les remontées manuelles atteignent vite leurs limites.
- Communiquer précisément au client final l'avancement de sa livraison et l'heure estimée d'arrivée, parmi les 5 bénéfices du suivi en temps réel pour vos camions et vos marges.
- Gérer plus facilement les litiges, notamment les retards, en disposant de preuves horodatées pour établir les responsabilités de chacun.
- Répondre aux exigences contractuelles de certains donneurs d'ordres, pour lesquels la traçabilité logistique et la visibilité en temps réel exigées par les chargeurs nécessitent un reporting en temps réel ou différé.
Quels outils pour mettre en place la traçabilité chez un transporteur routier ?
- L'informatique embarquée et la lettre de voiture électronique (eCMR) : les données remontées par l'informatique embarquée de chaque véhicule, combinées à la validation de la livraison via l'eCMR, permettent un suivi complet à chaque étape du transport. L'eCMR bénéficie d'un cadre juridique de plus en plus solide : le protocole additionnel à la Convention CMR de Genève, signé en 2008, encadre les conditions d'émission et de validité de la lettre de voiture électronique pour les transports internationaux, en s'appuyant notamment sur le règlement européen eIDAS qui encadre la reconnaissance juridique des signatures électroniques au sein de l'UE. Ce cadre se renforce encore avec le règlement eFTI (Electronic Freight Transport Information), entré en vigueur en 2024, qui pousse vers une gestion entièrement numérique des données de transport.
- Les objets connectés et capteurs IoT : balises GPS, capteurs de température ou d'ouverture de porte permettent d'enrichir le tracking avec des données terrain fiables, en particulier pour les transports sous température dirigée ou les marchandises sensibles.
- Un TMS pour piloter l'ensemble des informations : un logiciel comme Sinari TMS Ready centralise les données de traçabilité collectées à chaque étape et permet de les exploiter concrètement pour optimiser les tournées, anticiper les aléas et fiabiliser la relation client.
- Une plateforme en ligne ou un portail web pour partager les informations : ce type d'outil fait le lien entre les différents intervenants de la supply chain (chargeurs, transporteurs, destinataires) et garantit la continuité de la traçabilité tout au long du transport, même lorsque plusieurs acteurs se relaient sur un même flux.
Vers une traçabilité plus exigeante
La distinction entre transport tracking vs tracing va continuer à s'estomper à mesure que les outils numériques se généralisent. Les donneurs d'ordres attendent de plus en plus une traçabilité de bout en bout, combinant suivi en temps réel et historique documentaire fiable, notamment pour répondre aux exigences des chargeurs industriels ou de la grande distribution. Anticiper cette convergence, c'est aussi se préparer aux futures obligations réglementaires autour de la donnée de transport numérique.
Besoin d'aide pour mieux structurer la traçabilité de votre activité de transport routier et/ou de logistique ? N'hésitez pas à nous contacter pour découvrir nos solutions logicielles, et notamment le TMS Sinari TMS Ready !